Bobby Locke, le champion revenu de la guerre

L’enfant prodige d’Afrique du Sud

Quand on pense au golf des années 1940 et 1950, un nom revient immédiatement : Arthur D’Arcy alias “Bobby” Locke. Sa silhouette parfaitement immobile au-dessus de la balle, son putting presque irréel et son calme glacial sur les greens ont marqué toute une génération. Pour beaucoup, Bobby Locke reste l’un des plus grands putters de l’histoire du golf. Mais avant les triomphes sur les fairways britanniques et les Open remportés sous les applaudissements, il y eut la guerre.

Né à Johannesburg en 1917, Bobby Locke grandit dans une Afrique du Sud encore profondément marquée par l’Empire britannique. Très jeune, son talent apparaît évident.
À 14 ans, il joue déjà des compétitions de haut niveau. À 16 ans, il remporte l’amateur de Transvaal. Son swing compact, son incroyable régularité et surtout son toucher sur les greens fascinent déjà.
Le golf devient rapidement toute sa vie.
Dans les années 1930, alors que le monde semble encore suspendu dans une forme d’élégance d’avant-guerre, Bobby Locke s’impose comme l’un des plus grands espoirs du golf sud-africain. Puis le monde bascule.

Bobby Locke
Bobby Locke, une légende revenue de l’enfer
Bobby Locke en vainqueur
Victoire à l’Open britanique en 1957

Une génération happée par la guerre

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, toute une génération de sportifs voit sa carrière brutalement interrompue. Comme beaucoup d’hommes de son âge issus du Commonwealth britannique, Bobby Locke rejoint l’armée sud-africaine. Il sert dans l’aviation pendant le conflit, au sein de la South African Air Force.
Le quotidien des tournois laisse alors place à celui des bases militaires, des départs vers le front et de l’incertitude permanente. Pendant plusieurs années, le golf passe au second plan. L’Europe brûle, les compétitions internationales disparaissent et le monde sportif semble figé dans l’attente de la fin de la guerre. Pour cette génération, il n’est plus seulement question de sport.

Le retour à la vie

Lorsque la guerre prend fin, Bobby Locke retrouve les parcours.
Comme beaucoup d’anciens soldats revenus d’Europe, il revient dans un monde profondément transformé. Mais sur les greens, quelque chose semble intact : son jeu.
Très vite, il domine le golf mondial. En 1949, il remporte l’Open britannique. Puis encore en 1950, 1952 et 1957. Son putting devient presque mythique. Certains adversaires racontent qu’une fois arrivé sur le green, Bobby Locke semblait incapable de manquer un putt important.
Le public britannique l’adopte immédiatement.
Dans une Europe encore marquée par les cicatrices de la guerre, ses victoires incarnent aussi une forme de retour à la normalité. Les foules reviennent autour des fairways. Les tournois retrouvent leur prestige. Le golf renaît progressivement avec toute une génération de champions revenus du conflit.

Une légende du golf mondial

Bobby Locke ne fut pas seulement un immense champion. Il appartient à cette génération de golfeurs dont la jeunesse et les premières années de carrière furent interrompues par la Seconde Guerre mondiale. Une génération passée brutalement des fairways à l’uniforme militaire avant de retrouver, des années plus tard, les grands tournois internationaux. Avec quatre Open britanniques et des dizaines de victoires à travers le monde, Bobby Locke laissera une empreinte immense dans l’histoire du golf. Mais derrière la précision presque parfaite de son putting, il y avait aussi l’histoire d’un homme qui, comme tant d’autres sportifs de son époque, avait traversé la guerre avant de revenir jouer sous les applaudissements des foules.

Bobby Locke nous a quité le 9 mars 1987

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