Surprenant postulat que ce titre ! Mais un terrain de golf n’est pas seulement un espace sportif réservé à quelques privilégiés. C’est surtout un espace naturel totalement préservé de toute construction et de risque d’urbanisation. Le parcours de golf est un « réservoir de nature », souvent le seul refuge de la faune et la flore dans des zones fortement urbanisées. Il a un rôle essentiel dans la préservation de la biodiversité et la protection des écosystèmes, en particulier aquatiques et de nidification.
Depuis plus de vingt ans, les golfs sont soumis à plusieurs réglementations en matière d’interdiction des pesticides et d’économie d’eau. Ces réglementations ont été appliquées avec bonheur au bénéfice de la biodiversité et la faible fréquentation humaine d’un golf en fait un havre de paix pour les animaux. En effet, seulement 25 % de la surface du terrain sont occupés par les activités sportives. Le reste est constitué de forêts, de bosquets, de mares, d’étangs et de marais où les espèces vivantes peuvent se réfugier et prospérer en paix.
Une mosaïque d’espaces naturels préservés
Un terrain de golf s’étend sur plusieurs dizaines d’hectares (une trentaine au minimum, soixante en règle générale). Une grande partie reste naturelle ou semi-naturelle : zones boisées, prairies, plans d’eau, haies et talus. Ces milieux variés forment une « mosaïque » d’habitats favorables à une multitude d’espèces animales et végétales. Sur un même golf, il est possible de voir une grande diversité d’espèces : des oiseaux nicheurs (pics, mésanges, faucons crécerelles) qui utilisent les arbres et bosquets laissés à l’état naturel ; des insectes pollinisateurs, en particulier les abeilles avec l’installation de ruche à proximité des parcours, sans risque pour ces insectes de rencontrer des pesticides nocifs ; des amphibiens et des reptiles dans les nombreuses mares qui émaillent le parcours ; des petits mammifères comme les hérissons ou les chauves-souris.
Plus surprenant, on trouve également des grands mammifères comme des chevreuils et des sangliers. Malgré les dégâts occasionnés par ces grands animaux, les responsables des golfs ont à cœur de maintenir les conditions propices à leur présence.

Un maillage écologique pour les espèces migratoires
Un engagement au niveau national
La Fédération Française de Golf et le Muséum national d’Histoire naturelle se sont associés pour créer un label spécifique : “Golf pour la Biodiversité”. Il permet un accompagnement et une reconnaissance des efforts et des résultats en mati²ère de protection de la biodiversité et de l’environnement. Les golfs eux-mêmes se sont engagés dans une démarche citoyenne pour amener ce sport à être exemplaire en matière de développement durable.
Vue du ciel, les golfs représentent des fragments verts au milieu des zones urbaines et des champs cultivés. Ils ont un rôle stratégique pour des espèces migratoires en reliant des milieux naturels plus vastes. Ces corridors écologiques sont indispensables à la migration d’espèces d’oiseaux, mais aussi au brassage génétique d’espèces terrestres. Sur un plan local, les parcours assurent souvent la continuité entre les forêts, les zones humides et les espaces agricoles. Havres de paix sans voitures, ils contribuent à la préservation d’espèces animales et végétales.
Une révolution culturelle
À partir des années 90, les golfs ont opéré une véritable révolution dans leur mode de gestion des parcours. En quelques années, sous la pression des pratiquants eux-mêmes, de la réglementation et des préoccupations en matière d’environnement, les pratiques sont devenues écoresponsables, au premier bénéfice des pratiquants et des coûts d’entretien. La rationalisation de l’usage de l’eau et la limitation drastique des pesticides ont permis des économies et un salutaire changement de comportement.
Protéger l’environnement et la biodiversité passe par une gestion responsable des ressources naturelles qui nécessitent une démarche d’économie durable. L’eau a été la première ressource concernée avec la réduction de la consommation d’eau grâce à des systèmes d’arrosage intelligents et l’utilisation d’eaux recyclées. Les espèces végétales de gazons utilisés sont maintenant choisies pour leur adaptation au climat local. Les très coûteux produits phytosanitaires sont limités au strict nécessaire quand ils ne sont pas purement supprimés. Les zones non indispensables au jeu (plus de 70 %) sont à présent laissées à l’état naturel.
Ainsi, très rapidement, on a observé une meilleure qualité des sols et de l’eau sur les parcours, améliorant l’environnement de jeu pour le rendre plus sain.


Dans pratiquement tous les golfs, on a vu l’installation de nichoirs, gîtes à chauves-souris et hôtels à insectes, ruches ; la création de zones de fauche tardive pour favoriser la floraison et les pollinisateurs ; la restauration de mares et de haies champêtres ; l’inventaire régulier de la faune et de la flore en partenariat avec des associations naturalistes. Des initiatives qui ont transformé les golfs en refuges pour la nature et en laboratoires de la transition écologique.
Le golfeur, pratique ce sport pour le jeu lui-même, mais, et peut-être surtout, pour être en plein air, dans un environnement naturel, beau et préservé. La protection de la nature permet de réunir plaisir du jeu, beauté des paysages et respect de l’environnement et de la vie sauvage. Pour un golfeur, rien n’est plus beau qu’un hérisson ou qu’un écureuil croisé en cherchant sa balle perdue au bord du fairway ou qu’un chevreuil aperçu au loin près du drapeau. Et qu’importe s’il laisse son empreinte sur le green ! Au fond de chaque golfeur sommeille un grand protecteur de la nature !



